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Vivre en couple ne signifie pas toujours partager les mêmes droits sur le patrimoine. Selon que vous êtes mariés, pacsés ou en union libre, les règles diffèrent fortement en matière de propriété, de dettes, de séparation et surtout de succession.

Un couple peut ainsi disposer d’une épargne confortable et d’un bien immobilier, tout en laissant l’un des partenaires très peu protégé en cas de décès. Pour éviter cette situation, la stratégie patrimoniale doit être adaptée au statut du couple (mariage, pacs ou union libre), mais aussi à ses revenus, à ses enfants et à ses projets.

Mariage, Pacs ou union libre : quelles différences patrimoniales ?

Voici les principales règles à connaître :

Mariage, pacs ou union libre : Différences patrimoniales
SituationPropriété des biensHéritier automatiqueDroits de succession
Couple mariéSelon le régime matrimonialOuiExonération
Couple pacséSéparation des patrimoines par défautNonExonération sur les biens légués
Couple en union libreChacun conserve ses biens personnelsNon60 % après un faible abattement de 1 594 €

Ces différences montrent qu’une stratégie valable pour un couple marié ne peut pas être appliquée telle quelle à des partenaires pacsés ou à des concubins.

Couple marié : choisir un régime matrimonial adapté

Sans contrat de mariage, les époux sont soumis au régime de la communauté réduite aux acquêts. Les biens acquis pendant le mariage sont généralement communs, tandis que ceux détenus avant l’union ou reçus par donation ou succession restent personnels.

Ce régime matrimonial peut convenir à de nombreux foyers, mais il n’est pas toujours adapté. Un contrat de mariage permet notamment d’opter pour :

  • La séparation de biens, souvent pertinente lorsqu’un époux exerce une activité professionnelle exposée à des risques ;
  • La participation aux acquêts, qui associe indépendance patrimoniale pendant le mariage et partage de l’enrichissement lors de sa dissolution ;
  • La communauté universelle, parfois envisagée pour renforcer la protection du conjoint.

Le conjoint marié est héritier légal et ne paie pas de droits de succession. Sa part dépend toutefois de la présence d’enfants, de leur filiation et du régime matrimonial. Une donation entre époux, communément appelée donation au dernier vivant, peut lui offrir davantage de possibilités.

La bonne stratégie consiste donc à vérifier que le régime matrimonial choisi correspond encore à la réalité du couple. Une situation adaptée au début du mariage peut devenir moins pertinente après la naissance d’enfants, la création d’une entreprise ou la constitution d’un patrimoine important.

Couple pacsé : le testament reste indispensable

Le Pacs est souvent considéré comme presque équivalent au mariage. En matière de succession, cette idée est trompeuse.

Le partenaire pacsé n’est pas un héritier automatique. Sans testament, il ne reçoit aucune part de la succession, même après plusieurs décennies de vie commune. Les biens du défunt reviennent à ses héritiers légaux.

En revanche, un partenaire pacsé peut recevoir des biens par testament sans payer de droits de succession. La transmission doit néanmoins respecter la réserve héréditaire lorsque le défunt laisse des enfants.

Une stratégie patrimoniale pour un couple pacsé devrait donc généralement prévoir :

  • La rédaction de deux testaments ;
  • La vérification des titres de propriété du logement ;
  • Une répartition claire des apports et des remboursements d’emprunt ;
  • La mise à jour des clauses bénéficiaires des contrats d’assurance-vie ;
  • Une couverture de prévoyance suffisante en cas de décès ou d’invalidité.

Par défaut, les partenaires pacsés sont soumis à la séparation des patrimoines. Ils peuvent néanmoins choisir un régime d’indivision dans leur convention. Ce choix doit être étudié avec attention, car il modifie la propriété de certains biens acquis pendant le Pacs.

Union libre : une protection à construire presque entièrement

L’union libre offre une grande souplesse, mais très peu de protection automatique. Chaque concubin conserve la propriété de ses biens. Lorsqu’un logement est acheté ensemble, chacun possède la quote-part indiquée dans l’acte.

Cette répartition doit correspondre autant que possible au financement réel. Une propriété à 50/50 peut devenir source de difficultés si l’un finance en réalité une part beaucoup plus importante.

En cas de décès, le concubin survivant n’est pas héritier. Même s’il reçoit un bien par testament, la transmission est en principe taxée à 60 %, après un abattement de seulement 1 594 euros. Le survivant peut également se retrouver en indivision avec les enfants ou les autres héritiers du défunt.

Plusieurs leviers peuvent réduire cette fragilité :

  • Souscrire une assurance-vie en désignant précisément le partenaire bénéficiaire ;
  • Prévoir une assurance décès pour lui laisser des liquidités ;
  • Rédiger un testament, malgré la fiscalité successorale ;
  • Organiser soigneusement l’achat de la résidence principale ;
  • Envisager un Pacs ou un mariage lorsque la protection du survivant devient prioritaire.

L’assurance-vie peut être particulièrement utile, mais son efficacité dépend de l’âge des versements, des montants investis et de la rédaction de la clause bénéficiaire.

Les bons réflexes pour tous les couples

Quel que soit votre statut, commencez par répondre à 4 questions simples :

  • Qui possède réellement chaque bien ?
  • Le survivant pourrait-il conserver le logement ?
  • Disposerait-il de revenus et de liquidités suffisants ?
  • Les clauses bénéficiaires et les testaments sont-ils à jour ?

Une stratégie de gestion de patrimoine doit croiser les dimensions familiales, juridiques, fiscales et financières. Elle ne se limite pas au choix d’un placement.

Faire évoluer sa stratégie avec sa vie de couple

Il n’existe pas de statut idéal pour tous. Le mariage offre la protection légale la plus complète. Le Pacs constitue une solution intermédiaire, à condition de rédiger un testament. L’union libre exige davantage d’anticipation et reste fiscalement peu favorable en cas de transmission.

Une naissance, un achat immobilier, une recomposition familiale ou un projet professionnel doivent conduire à réexaminer l’organisation du patrimoine. Un bilan réalisé avec un conseiller en gestion de patrimoine et, lorsque cela est nécessaire, un notaire permet de coordonner régime matrimonial, testament, prévoyance, assurance-vie et préparation de la succession.